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39 BIS BOULEVARD BARBES 75018 PARIS, FRANCE

PRISON ET TRANSIDENTITE

ACTIONS D'ACCEPTESS-T

ACCEPTESS-T s’est donnée pour objectif d’avoir une activité en milieu carcéral dès 2013, l’idée étant d’entretenir un lien avec les personnes transgenres détenues, de leurs apporter un soutien psychologique et identitaire, à travers courriers, communications téléphoniques, de les aider à la création de projets pour la préparation de leur sortie, de trouver des solutions d’hébergement après ou avant leur libération. L’occasion aussi d’engager un travail de collaboration avec le Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation (SPIP) et les assistantes sociales de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, au sud de l’agglomération parisienne, afin de les familiariser peu à peu aux spécificités identitaires trans, culturelles et linguistiques. A leur sortie, ACCEPTESS-T accompagne les femmes trans dans leur insertion sociale, en les assistant dans leurs droits, en leur apportant un soutien psychologique, en les informant des moyens pour se débarrasser de l’addiction aux psychotropes qui, souvent, se déclare durant l’incarcération, et en les aidant dans leurs parcours de soin VIH et hépatites virales.

  • Actions via le projet SporTrans Citoyenneté

En 2015, le projet SportTrans Citoyenneté a donc permis de réaliser huit interventions en milieu carcéral, une par mois, où le professeur d’éducation sportive venait animer une séance de Zumba dans le quartier d’isolement de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis. C’est donc une première que cette mise en place d’une activité régulière répondant en prison à des besoins urgents, notamment liés à la sédentarité, au stress psychique lié à l’enfermement, et surtout à de multiples facteurs de vulnérabilités cumulées par les personnes transgenres comme le surpoids, l’effet des hormono-thérapies ou des antirétroviraux.

Cela permis de mettre en place plusieurs types de projet validés par l’administration avec plus de facilité que ces trois dernières années. Au début, il y avait douze personnes incarcérées dans ce quartier d’isolement à la prison des hommes, le quartier 3D, où les femmes transgenres sont détenues sans aucun contact avec le reste de la population carcérale, c’est-à-dire une sorte d’incarcération à l’intérieur même du système pénitentiaire. Les femmes transgenres sont séparées les unes des autres dans leurs cellules, et à l’occasion des ateliers, le gardien vient frapper porte par porte pour leur proposer l’activité, qui n’est pas obligatoire. L’action a été une véritable réussite. Une autre activité en prison la promenade telle qu’elle existe aujourd’hui : une heure le matin, une heure l’après-midi dans une cellule qui a été adaptée pour que les détenues fassent leur promenade, où le plafond a été enlevé de sorte que le ciel soit visible, mais avec un grillage et beaucoup de déchets et autres fientes d’oiseaux qui découragent les détenues de s’y livrer. Par comparaison, elles étaient toutes motivées pour venir participer à la session de Zumba. Les limites de l’action, c’est que l’association n’a pas de bénévoles pour inscrire cette activité dans la continuité. De mai à décembre 2015, c’est une partie de la subvention de l’OSF qui a permis de financer l’activité, mais cet argent a dû être réaffecté pour payer les vacations de l’éducateur sportif dans le cadre du projet SporTrans Citoyenneté, ce qui n’était pas prévu en janvier, mais qui s’est imposé à l’équipe étant donné la demande et le développement de cette activité : 1200 euros du budget ont donc été affecté au financement de l’activité Zumba en Prison. En fin d’année 2015, ce projet expérimental a cependant dû être arrêté par manque de moyens.

  • Atelier écriture

La présence d’ACCEPTESS-T en prison permet d’établir des liens pour les personnes transgenres détenues entre l’intérieur et l’extérieur de la prison, notamment avec la mise en place d’un atelier de correspondance avec ces femmes transgenres qui cumulent les stigmates et les discriminations en étant racisées, souvent sans papiers, séropositives et la plupart prostituées et sans attaches familiales en France. Donc, quand les filles envoient une lettre à leur famille au pays, ça dure au moins un mois, et un mois supplémentaires pour que la réponse leur parvienne ici. Ce que nous faisons, c’est que nous sortons avec les lettres, nous les scannons et les envoyons par mail à leurs familles en Amérique Latine. Normalement, cela est strictement interdit quand les détenues sont en attente de jugement. Mais pour celles qui sont jugées et qui ont commencé à purger leur peine, on a la voie libre car elles ont le droit de communiquer avec l’extérieur. Nous accélérons les correspondances uniquement dans ce cas. Il existe donc une dynamique autour de projet prison de gens qui ne sont pas directement amenés à intervenir à Fleury-Mérogis mais qui acceptent d’entrer en contact avec les femmes trans incarcérées parce qu’il y a une action prison menée par l’association. Par exemple, la journée internationale de soutien aux personnes trans incarcérées dans le monde, le 22 janvier, est l’occasion de sensibiliser le public à la question et de mettre en place des actions de soutien au moyen des lettres, et certaines personnes deviennent des passerelles en participant à ces ateliers pour écrire aux détenues que nous leur présentons brièvement sous forme de portraits anonymes, publié sur les réseaux sociaux : soutien affectif, social et culturel personnalisé par des correspondants de prisonnières trans qui a conduit l’équipe à réfléchir en 2015 à la formalisation d’un tel projet.

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